De la même manière qu’il serait absurde de disqualifier la position gouvernementale parce qu’elle a l’appui des éleveurs benianos (ou cela signifie-t-il que la FEGABENI est moins à droite que le Comité Civique cruceño[[Pour plus d’info sur le Comité Civique voir Article XI à ce propos]] ?). Ce dont nous devons discuter ce n’est pas que tel ou tel dirigeant a reçues un appel téléphonique1
, ou quelles annonce d’appui vient du camp adverse pour l’une ou l’autre position; ce dont nous devons discuter c’est si les raisons géopolitiques de relier Cochabamba avec le Beni sont plus importantes que les droits de la Terre-Mère (concept que la droite n’a jamais défendu et ne peut connaître); ce dont nous devons discuter c’est notre concept de développement (celui qu’utilise la droite comme nous le savons et qui définitivement n’est pas utile) et sa pertinence par rapport au nouveau paradigme de Bien Vivir.Si nous ne nous concentrons pas sur le débat ouvert et ne sommes pas impartial sur cette thématique, si au contraire nous nous consacrons à la disqualification de celui qui pense différemment, si nous sommes obsédés par l’idée que nos peuples indigènes des Basses Terres ne sont pas capables d’avoir leurs propres idées et de prendre leurs propres décisions, mais qu’il y a un entité obscure qui les dirige (que ce soit l’adversaire de droite, ces fantômes nommés ONGs, ou l’habituel impérialisme) tout ce que nous obtiendrons ce sera de nous user entre nous, comme c’est déjà arrivé à Caranavi[[Au printemps 2010 le gouvernement annonce la construction d’une usine de traitement des agrumes dans la région du Haut Beni, alors qu’il l’avait promis aux habitants de la région de Caranavi. Le conflit cessa lorsque Morales dédida de construire deux usines.]], et à Potosí[[Au cours de l’été 2010 la découverte d’un gisement calcaire et la modification de frontières entre deux départements a entrainé un conflit qui dura une vingtaine de jours, voir Amerikenlutte]], comme ça l’est encore cette fois avec la CIDOB, et dernièrement avec la COB2
.Et encore un mot. Toute cette série d’affirmations que nous entendons de la part de nos dirigeants originaires de la Haute Terre qui insinuent que les pauvres indigènes de la Basse Terre ne comprennent pas ce qu’il leur convient, qu’ils se font manipuler par les forces obscures mentionnées plus haut, et que lorsqu’ils arriveront dans les hautes terres andines3
nous leurs ferons comprendre que tout ce que nous faisons nous le faisons pour leur bien… Cela ne leur rappelle-t-il pas le discours de Hernán Cortés, de Francisco Pizarro et des missionnaires ? Ne faudra-t-il pas multiplier par cent le budget de notre Viceministère de la Décolonisation, de manière a ce qu’il puisse commencer par notre propre maison ?Source : Revista Pueblo
Traduction : Primitivi