Privé, Publique, mon coeur balance
Dans le cadre de nos prospections autour des modes de gouvernances de l’eau nous avons prospecté pour trouver un exemple concret illustrant les enjeux de gestion pris à partie entre les structures publiques (les communes ou communauté de communes) et privées (entreprises multinationales).
En Aout 2024 nous rencontrons Fernando, habitant d’Embrun, une ville de plus de 6000 habitants située dans le département des hautes-Alpes, en surplomb de la Durance qui alimente, à ses pieds, le grand lac de Serre-Ponçon.
Fernando est un habitué de la question de gouvernance de l’eau, puisque depuis plusieurs décennies il se mobilise pour cerner les conditions les plus favorables aux riverains, financièrement mais aussi écologiquement. Par extension il nous explique que le cadre politique de l’action est incontournable. D’une part l’eau étant une ressource primordiale à notre survie les citoyens se doivent de rester concernés par toute décision la concernant.
Au travers de cette position et chemin faisant il se rend compte que le cadre politique et institutionnel actuel ne permet guère aux populations d’avoir regard et voix au chapitre.
A ce jour la France n’a jamais suivi l’exemple des rares pays dans le monde qui se sont emparés des outils démocratiques pour consulter et partager auprès de la société civile les grandes orientations politiques concernant l’eau. Afin de se rappeler que cela n’est pas une utopie mais bien le chemin démocratique, rappelons les quelques exemple à suivre.En Bolivie après la « guerre de l’eau » en 2000 à Cochabamba, où la population s’est opposée à la privatisation de l’eau, des consultations locales et des décisions politiques ont été prises pour garantir un accès public à cette ressource.
En 2004 en Uruguay s’est tenu un référendum constitutionnel pour garantir l’accès à l’eau comme un droit humain fondamental et interdire sa privatisation. Le « oui » a largement remporté le vote.
Tout près de nos frontières en 2011, les Italiens ont voté lors d’un référendum pour abroger une loi permettant la privatisation des services publics, y compris la gestion de l’eau. La majorité des votants ont alors rejeté la privatisation.
Enfin au Chili bien que ce ne soit pas un référendum spécifique à l’eau, la réforme constitutionnelle chilienne (soumise à référendum en 2022) incluait des discussions sur la gestion de l’eau et son accès comme un droit fondamental.
En France la question est soumise aux décisions des Communes et communautés de communes lors des conseils municipaux. Comme le montre le cas d’Embrun la société civile n’est pas consulté dans ce cadre.
Dans les Hautes-Alpes courant 2024, début 2025, se tiennent au tribunal de Gap les audiences mettant en cause Véolia dans le cadre de sa gestion d’assainissement des eaux usées dans la station d’épuration d’Embrun. Mise en cause par un employé cadre devenu lanceur d’alerte la multinationale peine à se défendre face aux accusations. Qu’à retenu de cette affaire le journal d’investigation Médiapart
Quel a été en amont l’environnement politique ayant contractualisé avec l’entreprise dés 2009 pour une durée de 30 ans par voir de concession ? Et enfin sur le territoire quelles ont été les multiples interpellations et enquêtes des citoyens ayant tenté en vain de prévenir leur élus ?
