Nous savons que ce Mondial, plus que tout autre dans l’histoire, sera utilisé de manière sinistre contre notre peuple. Le show qui se monte avec la complicité de la presse nationale et étrangère, me rappelle ce jour d’août, où tandis que dans les maisons, les bars, les restaurants, les rues, les trottoirs et les bureaux on célébrait les buts de la sélection, des dizaines de personnes souffraient des tortures dans le sous-sol du congrès national pour être transportés peu après dans les cachots humides du bataillon des Cobras1
: parce que leurs cris pouvaient gâcher la fête footballistique de Micheletti. Tout à fait comme cela c’est passé il y a 32 ans, en Argentine, quand la dictature a profité de la fête du Mondial 78 pour faire disparaître des milliers de citoyens. Adolfo Perez Esquivel, prix Nobel de la paix 1980 qui a été détenu arbitrairement durant 14 mois nous rappelle comment “Dans la prison, comme les agents voulaient aussi écouter les match, les commentaires de la radio nous arrivait par des haut-parleurs. C’était étrange, mais dans un cri de but nous nous unissions les agents et les prisonniers. Cela me donne la sensation qu’à ce moment, au-delà de la situation que nous vivions, c’était le sentiment pour l’Argentine.” C’est pour cela que je ne peux me réjouir. La Résistance hondurienne se trouve actuellement dans un intense processus d’organisation. Pratiquement dans chaque coin du pays nous apprenons à travailler ensemble, à débattre, à discuter de politique et à approuver à la majorité ce projet complexe de refondation du pays. Cette force, avec nos avancées et nos reculs, on ne peut l’arrêter qu’avec la terreur. Et c’est pour cela qu’on a fait sortir les Forces armées, ceux qui profitent d’une accusation suspecte de monsieur Lobo qui disait cette semaine qu’il “se préparait un coup d’État contre lui”, sont redescendus dans les rues, pour soit-disant combattre le crime organisé, mais ils envahissent les villages et les hameaux dirigeant leurs armes contre le peuple comme s’ils se préparaient à quelque chose de plus important.Pendant ce temps, le lundi 14 les 3 centrales ouvrières indiqueront ce qu’elles vont faire par rapport au salaire minimum qui a dû être défini par le gouvernement en décembre dernier2
et que Lobo Sosa a évité d’appliquer pour ne pas irriter l’oligarchie. Ils lanceront certainement un appel à la Grève, je crois que c’est la seule possibilité qu’ils ont. A la Choluteca le peuple a pris la mairie d’une commune en protestation contre l’attitude effrontément corrompue du maire et indiquent qu’ils se tiennent prêt à résister contre l’armée, jusqu’à ce que le maire soit destitué. Nous sommes à deux semaines du premier anniversaire du coup d’État. Si la sélection hondurienne arrive à se classer pour le second tour elle jouera le 28 Juin. Ce même jour, des centaines de milliers de Honduriens seront dans les rues et feront savoir au monde qu’ici personne ne se rend, et que cette équipe elle appartient aussi au patron. Oscar Estrada Le 12 juin 2010Source : Habla honduras « Las vacaciones del Lobo y sus corderos cuando el mundo con los ojos sobre… »
Traduction : Primitivi
- Les Cobras : la section commando de la police anti-émeute. Qui peut-être comparable au GIPN français, même si les Cobras ressemblent bien plus à un bataillon militaire. ↩︎
- Le salaire minimum est une décision prise sous le gouvernement de Zelaya en 2009, il devait être mis en place en décembre et appliqué début 2010. Avec le coup d’État et l’arrivée de Porfirio Lobo Sosa au pouvoir ce projet a été complètement gelé. ↩︎