Borgoño, mémoire vivante

Quand un espace de torture échappe à l’oubli

Synopsis

Emprisonné en 1985 par la police politique chilienne, Eduardo chemine dans les ruines de l’ancienne caserne de Borgoño, où les tortures l’ont presque rendu aveugle. Il raconte comment, avec ses camarades, ils ont empêché que ce lieu soit détruit pour devenir un espace de mémoire ouvert sur les luttes actuelles alors que l’extrême droite revient au pouvoir au Chili.

Quelques lignes tirées du site Corporación Memoria Borgoño

Lieu de mémoire

Le Quartier Borgoño fut un centre opérationnel de renseignement et de répression de la dictature chilienne qui a fonctionné d’abord sous la direction de la Dirección de Inteligencia Nacional (DINA) puis de la Central Nacional de Informaciones (CNI) au moins entre 1977 et 1988. Il a été déclaré Monument Historique le 1er décembre 2016 grace à la lutte des prisoniers …. Depuis cette date, diverses organisations de survivants de l’ancien quartier, telles que la Mutualité des Anciennes Prisonnières du MIR et la Résistance Populaire, le Comité de Récupération Borgoño, la Corporation Mémoire Borgoño et d’autres organisations des droits humains, demandent la récupération de ce lieu afin de le transformer en un site de mémoire.

L’histoire publique

Ces immeubles ont été construits par l’État au début du XXe siècle, dans le but de créer les premières institutions de santé publique au Chili et d’hygiéniser la population indigène et marginale de l’environnement du quartier La Chimba. C’est là qu’a fonctionné l’Institut d’Hygiène, où furent élaborées les premières politiques publiques de santé de l’État. Depuis le milieu des années 40, l’Université du Chili disposait d’installations sur les lieux et à la fin des années 60, y fonctionnèrent aussi le Servicio Nacional de Salud et le Servicio Nacional de Empleo.

La répression

Sous la dictature civico-militaire, ce fut un centre d’enlèvements, de torture et d’extermination où opéra la DINA pour quelques mois en 1977 et la CNI, au moins jusqu’en 1988. Cette dernière disposait d’une structure répressive spécialisée dans la contre-insurrection, menant d’importants opérations de répression et d’extermination contre les opposants à la dictature, telles que l’Opération Albania, l’Opération Alfa Carbón, l’Opération Machete à Neltume, les assassinats en représailles à l’attentat contre Pinochet, les Cinq Détenus Disparus en 1987, les assassinats de Janequeo et Fuenteovejuna, parmi bien d’autres.

Les données

Les informations présentées sont étayées par des données extraites de diverses sources publiques et ne constituent pas une version ou une opinion des faits. Les archives consultées démontrent les violations systématiques des droits humains perpétrées au Quartier Borgoño entre 1977 et 1988, entre les mains de la DINA et de la CNI, à travers la participation des Forces Armées, de la Police d’Investigation, des Carabiniers et de civils tels que médecins, journalistes, chimistes, parmi bien d’autres. Ce sont ces données que nous estimons devoir être d’accès public afin de contribuer à la vérité, à la justice et à la mémoire de l’histoire récente de notre pays.