Il faut noter que cette politique d’expulsions de la région des Montes Azules, préparée depuis des années[[Cette dernière opération policière a été opportunément lancée suite à la requête des « propriétaires » de plusieurs centaines de milliers d’hectares dans la région des Montes Azules. Il s’agit de quelques dizaines de membres d’une communauté « lacandone » à qui le président Luis Echeverria – par ailleurs responsable d’une terrible « sale guerre » contre les opposants après les massacres de Tlatelolco à Mexico – avait « offert » ces 617 000 hectares, prévoyant de les instrumentaliser contre les milliers de jeunes indigènes, à la recherche d’un lieu pour vivre, qui étaient en train de s’y installer.]], compte sur l’appui de gouvernements étrangers, parmi lesquels ceux de l’Union européenne (avec le tristement célèbre programme Prodesis), et de plusieurs multinationales de l’environnement, telles que Conservation International et le WWF1
. Une simple lecture de la composition des conseils d’administration de ces ONG permet de comprendre qu’à côté des mégaprojets touristiques se dissimulent également les convoitises sur le pétrole, l’uranium, l’or et surtout la formidable biodiversité que recèle encore, malgré des décennies de pillage, ces régions du Sud-Est mexicain. Dans un communiqué, le Conseil de bon gouvernement de La Garrucha s’adresse à la « société civile nationale et internationale », pour lui demander sa solidarité face à de tels agissements. Pendant ce temps, la routine de la terreur continue son petit bonhomme de chemin, un peu partout au Mexique. Dans des régions soumises au contrôle direct de l’armée, les enlèvements et les assassinats se multiplient. Huit mille meurtres, au cours de ces douze derniers mois, sont imputés aux gangs du narcotrafic, dont les connections avec les forces policières et militaires ainsi qu’avec des responsables des trois grands partis politiques (PRI, PAN et PRD) ne sont plus à démontrer. Hier, 31 janvier, des tueurs ont froidement abattu treize jeunes gens de quatorze à dix-huit ans, qui fêtaient la victoire de leur équipe de foot. Cela se passait à Ciudad Juárez, cette ville proche de la frontière avec les USA, où les usines de montage tournent à fond et où des centaines de jeunes femmes ont été assassinées depuis 1995, sans qu’aucune enquête n’aboutisse. Mais tout n’est pas noir dans ce tableau, diront certains : le Mexique accueillera, en grande pompe, le prochain sommet mondial sur l’environnement.Source : Bellaciao
- À la tête de cette dernière, on note, pêle-mêle, un ancien directeur général de Shell, un ministre des finances du Pakistan, un ancien premier ministre des Pays-Bas, une dirigeante de Coca-Cola – secteur environnement, bien sûr – et une pléiade de têtes couronnées. ↩︎